IFRS (International Financial Reporting Standards):

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Deux événements majeurs pour la comptabilité au­ront marqué le début du xxie siècle.

En septembre 2002, l’Union européenne rend obli­gatoire l’utilisation des normes comptables internatio­nales (IFRS) pour la publication des comptes consoli­dés des sociétés cotées européennes, mettant de facto fin aux règles comptables françaises pour les grandes entreprises à compter de 2005.

En novembre 2007, la sec (Securities and Exchange Commission), le gendarme de la Bourse nord- américaine confirme, en avance sur ses intentions, l’abandon pour les sociétés étrangères aux États-Unis, de l’obligation de publier des comptes selon les nor­mes comptables américaines (les us gaap – us Gene­rally Accepted Accounting Principles), abandonnant ainsi volontairement et quasiment sans contrepartie un leadership en la matière incontesté depuis un demi- siècle.

Avec ces deux décisions, intervenues finalement as­sez subitement dans le contexte de bulles et scandales financiers sans précédents, il est mis fin à la souve­raineté des États en matière comptable. Le rôle déter­minant d’une fondation privée en charge de la norma­lisation comptable internationale engagée depuis longtemps, mais dont les travaux deviennent la réfé­rence légale du monde financier occidental, et bientôt de toutes les grandes puissances (Japon, Chine, Inde…), est mis sur le devant de la scène. Bien que non encore obligatoire dans une grande partie du monde, les besoins de nombreux pays émergents qui se sont tournés vers le référentiel international disponible, en ont renforcé le poids et la visibilité. Plus de 100 pays le reconnaissent à ce jour.

Les IFRS se composent aujourd’hui de quelque 50 normes et interprétations couvrant la plupart des grands sujets comptables, mais de nombreuses évolu­tions sont en cours, notamment pour tenter de faire converger ces normes avec celles des États-Unis.

Au-delà de l’enthousiasme de principe sur l’existence d’un langage mondial, il ne faut pas se cacher les nom­breuses interrogations et difficultés qui subsistent. Pour un pays comme la France, elles sont nombreuses.

L’écart entre les comptes des grands groupes cotés et ceux des petites et moyennes entreprises n’aura ja­mais été aussi grand. L’effort entrepris par le CNC (Conseil national de la comptabilité) avec la col­laboration de l’administration fiscale française pour réduire cet écart, ne portera pas ses fruits avant un certain temps.

De même, l’écart entre les comptes des sociétés de pays qui utilisent les IFRS sans les rendre obligatoires avec les autres pays qui en ont imposé l’usage, ne se résorbera pas sans une intervention active de ces pays dans le processus de normalisation, ce qui supposera des règles de participation et de bonne gouvernance accrues pour prendre en compte des cultures très diverses.

Les IFRS devront mettre au point des modèles plus prescriptifs d’états financiers, sans lesquels aucune comparabilité n’est possible et qui n’est donc pas au­jourd’hui effective.

Quant aux délais, les travaux en cours de réforme du cadre conceptuel international ne risquent pas de déboucher, de l’avis même des autorités concernées, à une échéance rapprochée, et si ce cadre conceptuel de­vait s’éloigner des principes actuels de la comptabilité d’engagement et d’un modèle mixte coût/valeur ac­tuelle, pour généraliser la « juste valeur », les conséquences, incalculables pour les utilisateurs des comptes, impliqueraient une période de transition d’une certaine durée.

Enfin, il n’existe toujours pas de gendarme mondial des bourses et la question de l’autorité de surveillance de l’application des IFRS  reste entière.

Finalement, le grand enjeu des IFRS risque d’être, outre le temps et l’ouverture nécessaires, la dégrada­tion de qualité qu’induit souvent la mondialisation de tout langage.

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Vidéo : IFRS (International Financial Reporting Standards):

Vidéo démonstrative pour tout savoir sur : IFRS (International Financial Reporting Standards):

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