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La comptabilité : produits

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La comptabilité : produits

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Seules les collectivités publiques ou les toutes peti­tes entreprises ont le privilège de pouvoir fonctionner avec un simple état des recettes et dépenses, sans avoir à mesurer la performance et l’évolution de la valorisa­tion de leur patrimoine.

Pour qu’une entreprise mesure sa performance au travers d’un résultat et pas d’une simple évolution de ses comptes en banque, il faut que les recettes se trans­forment en produits et les dépenses en charges.

La détermination des produits consiste à prendre en compte, en ajustement des flux de trésorerie générés par l’exploitation, certains éléments « non cash » dont le caractère certain est assuré. L’encaissement final in­tervient en effet presque toujours après que l’enrichis­sement n’a été réalisé. Il faut remonter dans le temps et déterminer le moment où la création de valeur peut être considérée comme irréversible pour être incluse dans les comptes.

Dans un modèle financier de valorisation d’entre­prise, le produit à constater, pour déterminer la valeur des actifs, dépend de la vision du valorisateur et des probabilités associées aux flux futurs. Une vision opti­miste conduira à anticiper la valeur loin en amont dans le temps, à partir d’un portefeuille de comman­des par exemple. Un bilan d’entreprise établi sur ces bases sera nécessairement subjectif.

Au contraire, dans le modèle comptable actuel, dit de comptabilité d’engagement (accrual accounting) dans laquelle les produits sont constatés quand ils sont probables (ce qui signifie, dans le langage comptable, quasiment certains), il faut un critère ob­jectif pour déterminer le stade auquel le cash-flowattendu est irréversible.

Par exemple, dans un processus de fabrication in­dustrielle classique impliquant commande, fabrica­tion, stockage, livraison, facturation et encaissement, la règle comptable veut que ce soit la livraison qui ma­térialise la réalisation de la prestation et entraîne la re­connaissance du produit, sans attendre le paiement du client. Le bilan de l’entreprise inclura donc au débit une rubrique de créance en contrepartie du produit constaté au crédit du compte de résultat.

Mais, ce critère n’est pas universel. Dans les activi­tés de travaux publics, par exemple, la livraison finale intervient trop tardivement par rapport au processus de transfert de valeur du client vers le fournisseur pour que le produit soit pris en compte à la fin de la prestation.

Il existe donc, pour ces activités, un principe de comptabilité à l’avancement dans laquelle les produits sont constatés au fur et à mesure des travaux.

Le cas des instruments financiers, et notamment des produits dérivés, est un peu à part : il n’y a ni commande, ni production, ni transfert de propriété, seulement un contrat d’échange de flux de trésorerie indicés, justifié par des intentions de profits de négoce ou de couverture de risques.

Pour certains produits cotés, le transfert de tréso­rerie, lié au contrat, peut se faire progressivement sous forme d’appel de marges, ou pour les autres à l’échéance. En amont de ces mouvements, la prise de risque et la valeur de l’engagement impliquées par le contrat ne peuvent souvent être mesurées qu’en réfé­rence à des indicateurs externes de marché. C’est une des raisons principales pour laquelle les normes comp­tables ont évolué vers une prise en compte per­manente des résultats sur instruments financiers, en utilisant leur valeur de marché ou leur valeur de réali­sation instantanée estimée au mieux.

Pour ces raisons, la généralisation d’une valeur de marché en comptabilité n’est pas, comme on a pu le dire, une brèche ouverte vers la généralisation de la «juste valeur» (fair value) dans les principes comptables, mais l’application particulière du principe de comptabilité d’engagement à une catégorie de tran­sactions pour lesquelles aucun autre critère satisfai­sant n’a été trouvé.

La détermination du critère pour reconnaître le produit constitue depuis toujours une des grandes res­ponsabilités de la fonction de normalisation comp­table. Elle dépend du contexte propre à chaque type de transactions du monde économique pour lesquel­les, au-delà des principes, des règles spécifiques doi­vent être mises au point, appliquées et reconnues par tous. C’est la raison pour laquelle de grands principes ne suffisent pas et qu’il faut des règles codifiées. Tel est l’objet des normes comptables.

Si le cadre comptable devait évoluer vers un cadre de type valorisation en « juste valeur » modifiant ainsi les principes de reconnaissance des produits vers une prise en compte plus probabiliste des flux de tré­sorerie future, une bonne partie de la fonction de normalisation comptable deviendrait inutile et la si­gnification des états financiers serait modifiée de fa­çon considérable.

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