Obligation à lot
Une obligation à lots est une obligation dont le remboursement donne lieu à des tirages au sort : les titres tirés reçoivent, en plus de leur remboursement, un lot, c’est-à-dire une somme d’argent ou un avantage. L’emprunteur attire ainsi les épargnants par l’espoir d’un gain, souvent en échange d’un intérêt plus faible, voire nul.
Principe
Une obligation ordinaire est un titre de créance : l’émetteur emprunte une somme, verse un intérêt périodique (le coupon) et rembourse le capital à l’échéance. Longtemps, de nombreux emprunts étaient remboursés progressivement par tirage au sort : chaque année, un certain nombre de titres étaient désignés par le sort et remboursés à leur valeur, les autres restant en circulation.
L’obligation à lots ajoute à ce mécanisme un élément de loterie : lors des tirages, certains titres gagnent un lot, parfois très élevé par rapport à leur valeur. En contrepartie, l’intérêt servi est inférieur à celui d’un emprunt classique. Pour l’épargnant, le capital est en principe préservé, mais le rendement dépend en partie de la chance.
Un instrument très utilisé au XIXe siècle
En France, les emprunts à lots ont connu un grand succès au XIXe siècle et au début du XXe siècle. Ils ont été employés notamment par la Ville de Paris, d’autres collectivités et le Crédit foncier de France pour financer de grands travaux et le crédit immobilier. Leur caractère de loterie les plaçait cependant sous un régime d’autorisation particulier, la loterie étant en principe interdite.
L’emprunt à lots de la Compagnie universelle du canal interocéanique de Panama, autorisé par une loi en 1888, est resté célèbre : il n’a pas empêché la faillite de la compagnie, à l’origine du scandale de Panama.
Avantages et inconvénients
- Pour l’émetteur : un coût de financement réduit, grâce à l’attrait du tirage.
- Pour l’épargnant : un capital remboursé et une chance de gain important, mais un rendement moyen plus faible et incertain.
- Pour les autorités : un risque de favoriser la spéculation et l’attrait du jeu, ce qui explique l’encadrement strict de ces émissions.
Et aujourd’hui ?
Les obligations à lots sont devenues rares sur les marchés financiers. Le principe d’une épargne associée à un tirage au sort subsiste toutefois sous d’autres formes : au Royaume-Uni, les Premium Bonds, créés en 1956, ne versent pas d’intérêt mais donnent droit à des tirages mensuels de prix. Dans tous les cas, ces produits relèvent d’une réglementation financière et des jeux propre à chaque pays, qui évolue dans le temps.



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