Stock de fabrication

Le stock de fabrication regroupe, dans une entreprise industrielle, les articles qui servent à la production et non directement à la vente : matières premières, composants, sous-ensembles et produits en cours de transformation, appelés en-cours de production. Ces articles ne font pas l’objet d’une demande directe des clients. Leur gestion obéit donc à une logique différente de celle des stocks de distribution, qui contiennent les produits finis destinés à la vente.
Ce que contient un stock de fabrication
- les matières premières et fournitures, achetées pour être transformées ;
- les composants et pièces achetés, destinés à être assemblés ;
- les produits intermédiaires et semi-finis, déjà fabriqués mais qui doivent encore subir des opérations ;
- les en-cours, c’est-à-dire les produits présents dans les ateliers à un stade inachevé.
Demande dépendante et demande indépendante
La différence essentielle avec le stock de distribution tient à la nature de la demande. Les produits finis font l’objet d’une demande indépendante : elle vient des clients et doit être prévue. Les articles de fabrication font l’objet d’une demande dépendante : leur besoin se calcule à partir du programme de production. Si l’on sait combien de produits finis seront fabriqués et quelle nomenclature les compose, on en déduit les quantités de chaque composant et la date à laquelle il faut en disposer.
Les méthodes de gestion
Cette logique a donné naissance à la méthode MRP (Material Requirements Planning, ou calcul des besoins nets), qui transforme le plan de production en besoins détaillés, en tenant compte des stocks existants et des délais d’approvisionnement. À l’inverse, les méthodes de flux tiré, comme le juste-à-temps et le système kanban, cherchent à réduire au minimum les en-cours en ne produisant que ce que l’étape suivante consomme. Dans les deux cas, l’objectif est le même : éviter les ruptures qui arrêtent les ateliers sans immobiliser trop d’argent dans des stocks dormants.
Coûts et risques
Un stock de fabrication trop important coûte cher : capital immobilisé, place occupée, risque d’obsolescence ou de détérioration. Des en-cours abondants peuvent aussi masquer des problèmes d’organisation, comme des goulets d’étranglement ou des défauts de qualité. Un stock trop faible expose en revanche à des arrêts de production. Le bon niveau dépend des délais, de la fiabilité des fournisseurs et de la régularité de la production.
Traitement comptable
En comptabilité, les stocks de fabrication figurent à l’actif du bilan. Dans le plan comptable général français, ils relèvent de la classe 3, qui distingue notamment les matières premières et fournitures (compte 31), les en-cours de production de biens (compte 33) et de services (compte 34) et les stocks de produits (compte 35), qui comprennent les produits intermédiaires et les produits finis. Ils sont évalués à leur coût d’acquisition ou de production, et dépréciés si leur valeur actuelle devient inférieure. Ces règles peuvent évoluer : il convient de se référer aux textes en vigueur.



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