Combinaison productive ou combinaison des facteurs de production: travaillistique
La combinaison productive, ou combinaison des facteurs de production, est la réunion, dans une certaine proportion, des facteurs nécessaires pour produire un bien ou un service : essentiellement le travail (les heures et les compétences des salariés) et le capital (machines, bâtiments, outillage), auxquels s’ajoutent les consommations intermédiaires, la terre et, de plus en plus, l’information. Choisir une combinaison productive, c’est décider avec combien de travail et combien de capital on produira une quantité donnée.
Combinaisons capitalistiques et travaillistiques
Une combinaison productive est dite capitalistique lorsque, pour la production d’un bien donné, le facteur capital est utilisé de manière intensive : c’est le cas d’une raffinerie, d’une usine automobile robotisée ou d’une centrale électrique, où quelques dizaines de personnes font fonctionner des installations qui valent des centaines de millions. Elle est travaillistique lorsque le facteur travail est utilisé de manière intensive : restauration, services à la personne, artisanat, ou industries de pays où la main-d’œuvre est abondante et bon marché. L’intensité capitalistique se mesure par le rapport entre le capital engagé et le nombre de travailleurs.
Substituabilité et complémentarité
Les facteurs sont substituables lorsque l’on peut remplacer une quantité de l’un par une quantité de l’autre sans changer la production : un entrepôt peut être géré par de nombreux manutentionnaires ou par quelques opérateurs et des chariots automatisés. Ils sont complémentaires lorsqu’ils doivent être associés dans des proportions fixes : un camion exige un chauffeur, ni plus ni moins. Dans la réalité, la plupart des activités se situent entre ces deux extrêmes, et la substituabilité est plus grande à long terme, quand l’entreprise peut changer d’équipement, qu’à court terme.
La combinaison économique
Une combinaison productive est économique, ou efficace, si, pour une production donnée, une augmentation de l’un des facteurs implique de réduire la quantité de l’autre afin d’éviter tout gaspillage : on ne peut alors plus produire autant avec moins de l’un des deux. Les économistes représentent l’ensemble de ces combinaisons efficaces par une courbe appelée isoquante. Parmi elles, l’entreprise retient celle qui minimise son coût, compte tenu du prix du travail (salaires et charges) et du prix du capital (amortissement, intérêts). C’est pourquoi une hausse du coût du travail pousse vers des combinaisons plus capitalistiques, et inversement.
Rendements d’échelle
L’augmentation de l’ensemble des facteurs doit, par conséquent, être suivie par une augmentation de la production. Si celle-ci croît dans la même proportion que les facteurs, les rendements d’échelle sont constants ; si elle croît davantage, ils sont croissants (économies d’échelle liées à la division du travail, aux gros équipements, à l’étalement des frais fixes) ; si elle croît moins, ils sont décroissants (lourdeurs d’organisation, coûts de coordination). La fonction de production, dont la forme de Cobb-Douglas est la plus célèbre, formalise ces relations entre quantités de facteurs et quantité produite.
Une notion au cœur des débats économiques
Le choix des combinaisons productives explique les écarts de productivité entre pays et entre entreprises, les effets de la mécanisation puis de l’automatisation sur l’emploi, et la localisation des activités selon le coût relatif des facteurs. Il éclaire aussi le rôle du progrès technique, qui déplace l’ensemble des combinaisons possibles en permettant de produire plus avec autant de travail et de capital.



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