Escompte, Réescompte
L’escompte est l’opération par laquelle une banque paie à une entreprise le montant d’un effet de commerce avant son échéance, déduction faite d’une rémunération appelée agio. Le réescompte est la même opération répétée à l’étage supérieur : la banque cède à son tour ces effets à la banque centrale pour obtenir des liquidités. Les deux notions éclairent le financement des entreprises et l’histoire de la politique monétaire.
L’escompte commercial
Un fournisseur qui accorde un délai de paiement à son client reçoit souvent un effet de commerce, lettre de change ou billet à ordre, payable à une date future. S’il a besoin de trésorerie sans attendre, il peut remettre cet effet à sa banque, qui lui en verse le montant immédiatement. La banque devient alors créancière du client et se fera payer à l’échéance.
En contrepartie, elle retient un agio composé :
- de l’escompte proprement dit, calculé sur le montant de l’effet, au taux convenu, pour le nombre de jours restant jusqu’à l’échéance ;
- de commissions et de frais divers.
L’escompte se fait en principe « sauf bonne fin » : si le débiteur ne paie pas à l’échéance, la banque se retourne contre l’entreprise qui lui a remis l’effet.
Le réescompte et le taux d’escompte
Pour reconstituer ses ressources, une banque peut à son tour mobiliser les effets escomptés auprès de la banque centrale : c’est le réescompte. La banque centrale lui verse des liquidités en appliquant son propre taux, longtemps appelé taux d’escompte ou taux de réescompte.
Ce taux a été pendant longtemps l’un des principaux leviers de la politique monétaire. Le relever renchérit le crédit et freine l’inflation ; l’abaisser rend le crédit moins cher et soutient l’activité. Dans la zone euro, la Banque centrale européenne agit aujourd’hui par d’autres instruments, notamment ses taux directeurs appliqués aux opérations de refinancement et à la facilité de dépôt. L’expression subsiste cependant dans certains pays, comme aux États-Unis, où la Réserve fédérale fixe un taux d’escompte, le discount rate.
Un instrument en recul
L’escompte classique, fondé sur des effets papier, a beaucoup reculé. Les entreprises recourent davantage à la lettre de change relevé, dématérialisée, à la cession de créances professionnelles dite « Dailly » ou à l’affacturage, qui confie le recouvrement des factures à un établissement spécialisé. Le principe reste pourtant le même : transformer une créance future en trésorerie immédiate, moyennant un coût.
À ne pas confondre : l’escompte de règlement
En comptabilité, le mot escompte désigne aussi la réduction qu’un fournisseur accorde à un client qui paie comptant ou avant l’échéance prévue. Il s’agit alors d’une réduction financière, enregistrée en charge financière chez le vendeur et en produit financier chez l’acheteur dans le plan comptable général français. Les règles comptables et fiscales évoluent : il convient de se référer aux textes en vigueur ou à un expert-comptable.



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