Fonction complémentaire
En gestion, une fonction complémentaire est une fonction de l’entreprise qui n’est pas sa fonction principale, mais qui se rattache directement à l’exécution des opérations de celle-ci. Dans une entreprise industrielle, dont la fonction principale est la production, l’achat des matières et la vente des produits fabriqués sont ainsi des fonctions complémentaires : sans elles, la production n’aurait ni ressources ni débouchés.
Fonction principale et fonctions complémentaires
La fonction principale correspond au métier de l’entreprise, à ce qui justifie son existence : fabriquer pour un industriel, revendre pour un commerçant, prêter et collecter l’épargne pour une banque. Les fonctions complémentaires prolongent cette activité en amont et en aval. Dans certains cas, les deux se confondent : pour une entreprise de négoce, l’achat et la vente constituent le cœur même du métier.
La distinction n’est donc pas absolue. Elle dépend de la nature de l’activité, et une même fonction peut être principale dans une entreprise et complémentaire dans une autre.
Une lecture héritée de Fayol
L’ingénieur français Henri Fayol, dans Administration industrielle et générale (1916), a décrit l’entreprise comme un ensemble de six fonctions : technique, commerciale, financière, de sécurité, comptable et administrative. Dans une entreprise industrielle, la fonction technique est la fonction principale ; la fonction commerciale, qui regroupe l’achat et la vente, en est le complément naturel.
Les autres fonctions, comme la finance, la comptabilité ou l’administration, ne participent pas directement à la transformation des produits mais en permettent le fonctionnement.
Activités principales et activités de soutien
Une distinction voisine a été popularisée par Michael Porter avec la chaîne de valeur, présentée en 1985. Il sépare les activités principales, qui concourent directement à la création et à la vente du produit (logistique d’approvisionnement, production, logistique de distribution, commercialisation, services), et les activités de soutien (approvisionnements, développement technologique, gestion des ressources humaines, infrastructure de l’entreprise).
Ce découpage aide à repérer où se crée la valeur, à comparer les coûts de chaque fonction et à décider ce que l’entreprise doit garder en interne ou confier à des prestataires.
Le sens du terme en analyse fonctionnelle
L’expression a un autre sens dans l’analyse fonctionnelle d’un produit, utilisée en conception et en analyse de la valeur. On y distingue les fonctions principales, qui expriment la raison d’être du produit en reliant deux éléments de son environnement, et les fonctions complémentaires ou fonctions contraintes, qui relient le produit à un seul élément : résister à l’humidité, respecter une norme, s’adapter à une prise électrique. Dans le cahier des charges fonctionnel, ces fonctions sont formulées et chiffrées par des critères d’appréciation.
Pourquoi cette distinction est utile
Identifier la fonction principale et ses compléments permet d’organiser les services, d’attribuer les responsabilités et de répartir les coûts. Elle éclaire aussi les choix d’externalisation : une entreprise confie plus volontiers à l’extérieur une fonction complémentaire qu’une fonction qui constitue son métier.



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