IDE (Investissement direct à/de l’étranger)
L’investissement direct à l’étranger (IDE) désigne l’opération par laquelle une entreprise d’un pays acquiert ou crée, dans un autre pays, une activité sur laquelle elle exerce une influence durable. On parle d’IDE sortant quand une entreprise nationale investit hors des frontières, et d’IDE entrant quand une entreprise étrangère investit sur le territoire. C’est l’un des moteurs principaux de la mondialisation de la production.
Définition et seuil de 10 %
Selon la définition de référence de l’OCDE et du Fonds monétaire international, il y a investissement direct lorsqu’un investisseur détient au moins 10 % des droits de vote d’une entreprise située dans un autre pays. Ce seuil traduit l’existence d’un « intérêt durable » et d’une capacité d’influence sur la gestion. En dessous, l’achat d’actions relève de l’investissement de portefeuille, guidé surtout par la recherche de rendement financier.
Les formes de l’IDE
L’investissement direct à l’étranger recouvre plusieurs opérations :
- la création d’une unité nouvelle, usine, filiale ou succursale, souvent appelée investissement « greenfield » ;
- l’acquisition ou la prise de participation d’au moins 10 % dans une entreprise existante, y compris par fusion ;
- le réinvestissement des bénéfices réalisés par la filiale étrangère et laissés sur place ;
- les prêts et avances entre la maison mère et ses filiales, dès lors qu’une relation d’investissement direct existe ;
- certains investissements immobiliers réalisés par des non-résidents.
Pourquoi les entreprises investissent-elles à l’étranger ?
Les économistes distinguent plusieurs motivations, souvent combinées :
- conquérir un marché en s’installant au plus près des clients et en contournant les obstacles au commerce ;
- accéder à des ressources : matières premières, énergie, main-d’œuvre qualifiée ou bon marché ;
- gagner en efficacité en répartissant les étapes de la production entre pays ;
- acquérir des actifs stratégiques : technologies, marques, réseaux de distribution.
Le « paradigme éclectique » de l’économiste britannique John Dunning explique l’IDE par la réunion de trois avantages : un avantage propre à la firme, un avantage lié à la localisation et un intérêt à garder l’activité en interne plutôt qu’à la confier à un partenaire.
Effets et mesure
Pour le pays d’accueil, l’IDE peut apporter des capitaux, des emplois, des technologies et un accès aux marchés extérieurs. Il soulève aussi des questions : dépendance envers des centres de décision étrangers, contrôle d’activités jugées stratégiques, optimisation fiscale au sein des groupes. C’est pourquoi de nombreux États, dont la France, soumettent à autorisation préalable certains investissements étrangers dans des secteurs sensibles.
Les flux et les stocks d’IDE sont mesurés par la balance des paiements. La CNUCED publie chaque année un rapport mondial sur l’investissement, et la Banque de France suit les investissements directs de la France. Les définitions statistiques et les règles de contrôle évoluent : il convient de se référer aux textes en vigueur.



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