Monnaie de facturation
La monnaie de facturation est la devise dans laquelle est libellée la facture d’une opération commerciale internationale, c’est-à-dire la monnaie dans laquelle l’acheteur devra payer. Son choix, négocié entre l’exportateur et l’importateur, détermine lequel des deux supporte le risque de change. C’est donc une décision commerciale autant que financière.
Monnaie nationale ou devise étrangère
Lorsque la facture est libellée dans la monnaie nationale de l’entreprise, celle-ci connaît d’avance le montant exact qu’elle encaissera ou paiera : elle ne court aucun risque de change. Lorsque la facture est libellée dans une devise étrangère, la partie concernée, exportateur ou importateur, est dite « en position de change » : entre la signature du contrat et le paiement, une variation du cours peut augmenter ou réduire le montant converti dans sa propre monnaie. Un exportateur de la zone euro qui facture en dollars perd ainsi de l’argent si le dollar baisse face à l’euro avant l’encaissement ; il en gagne si le dollar monte.
Les critères du choix
- Le rapport de force commercial : la partie qui a le plus de poids dans la négociation impose souvent sa monnaie.
- Les usages du marché : certaines matières premières, comme le pétrole, se négocient traditionnellement en dollars américains.
- L’argument commercial : facturer dans la monnaie du client lui évite tout calcul et peut faciliter la vente.
- Le coût de la couverture : se protéger contre une devise peu échangée coûte plus cher, quand c’est possible.
- Le recours à une devise tierce : deux entreprises de pays dont les monnaies circulent peu choisissent souvent une monnaie qui n’est ni l’une ni l’autre, comme le dollar ou l’euro. On parle alors de monnaie véhiculaire.
Se protéger du risque de change
L’entreprise en position de change dispose de plusieurs outils :
- le change à terme, qui fixe dès aujourd’hui le cours auquel la devise sera échangée à l’échéance ;
- les options de change, qui garantissent un cours plancher ou plafond tout en laissant profiter d’une évolution favorable, moyennant une prime ;
- les avances ou placements en devises, qui permettent de convertir le montant sans attendre le paiement ;
- la compensation entre achats et ventes libellés dans la même devise ;
- des clauses contractuelles de partage ou d’indexation du risque, ou encore certaines assurances proposées aux exportateurs.
Facturation, règlement et comptabilité
La monnaie de facturation, dans laquelle est fixé le prix, se distingue en principe de la monnaie de règlement, dans laquelle le paiement est effectivement réalisé ; les deux coïncident le plus souvent, mais le contrat peut prévoir une conversion. Dans la zone euro, les échanges entre pays membres sont généralement facturés en euros, ce qui supprime pour eux le risque de change.
En comptabilité française, une créance ou une dette en devise est enregistrée au cours du jour de l’opération, puis réévaluée au cours de clôture de l’exercice ; les différences apparaissent en écarts de conversion. Les règles précises relèvent du plan comptable général et de ses mises à jour.



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