Rack jobbing, Raiffeisen

Le rack jobbing et le modèle Raiffeisen sont deux notions sans lien entre elles, réunies ici par l’ordre alphabétique du lexique de gestion. Le rack jobbing désigne une forme de distribution dans laquelle un fournisseur spécialisé gère lui-même un rayon chez un détaillant ; Raiffeisen est le nom d’un réformateur allemand du XIXe siècle à l’origine des caisses de crédit mutualiste rurales.
Le rack jobbing : un rayon confié à un spécialiste
Dans le rack jobbing, un distributeur indépendant, souvent appelé « rack jobber », passe un accord commercial avec un magasin, le plus souvent une grande surface. Le magasin lui réserve un emplacement, un présentoir ou un linéaire ; le spécialiste se charge du choix des références, de l’approvisionnement, de la mise en rayon, de l’étiquetage et du renouvellement des produits.
Ce mode de distribution concerne surtout des familles de produits que le magasin connaît mal ou qui exigent un suivi régulier : livres, presse, disques et vidéos, jouets, petits accessoires, produits de beauté ou articles saisonniers. Les modalités de rémunération varient selon les contrats : marge partagée, commission, ou vente en dépôt dans laquelle les invendus restent la propriété du fournisseur.
Avantages et limites du rack jobbing
- Pour le magasin : un assortiment élargi sans immobiliser de stock ni mobiliser de personnel spécialisé, et un risque d’invendus réduit lorsque le contrat prévoit la reprise.
- Pour le fournisseur : un accès direct au point de vente et la maîtrise de la présentation de ses produits.
- Limites : le magasin perd une partie du contrôle sur son offre et sur ses prix, et doit vérifier que le rayon confié reste cohérent avec son image et avec sa politique commerciale.
Friedrich Wilhelm Raiffeisen, pionnier du crédit mutualiste
Friedrich Wilhelm Raiffeisen (parfois francisé en Frédéric-Guillaume) est né en 1818 et mort en 1888 en Rhénanie. Maire de plusieurs communes rurales, il fut confronté à la misère des paysans, souvent endettés auprès d’usuriers. Il fonda d’abord des associations de secours, puis, en 1864, à Heddesdorf, une caisse de prêt qui servit de modèle aux coopératives de crédit rural.
Son système repose sur trois idées : l’entraide, l’administration de la caisse par ses propres membres et la responsabilité de chacun. Les épargnants d’un même village mettent leurs ressources en commun pour prêter à des taux raisonnables aux agriculteurs de la localité, que les membres connaissent personnellement.
Les caisses Raiffeisen aujourd’hui
Le modèle s’est diffusé dans toute l’Europe. Le nom de Raiffeisen est toujours porté par des banques coopératives en Allemagne, en Autriche, en Suisse ou dans le Tyrol du Sud, en Italie. En France, le Crédit Mutuel, né en Alsace et en Moselle, se réclame de cette tradition, et le crédit agricole mutuel s’est développé à partir de principes voisins.
Le mot « Raiffeisen » désigne donc, dans le vocabulaire bancaire, une caisse de crédit mutualiste d’origine rurale, possédée par ses sociétaires et gérée selon le principe « un membre, une voix ».



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