Stock d’alerte, ou critique, ou minimum: stock minimum

Le stock d’alerte, appelé aussi stock critique ou stock minimum, est le niveau de stock à partir duquel l’entreprise doit déclencher une commande de réapprovisionnement pour éviter la rupture. Il correspond à la quantité de matières ou de produits qui sera consommée pendant le délai nécessaire pour obtenir la livraison, augmentée, le cas échéant, d’un stock de sécurité. On l’appelle aussi point de commande, car c’est lui qui, dans la gestion des stocks sur seuil, donne le signal de passer commande.
Le principe
Entre le moment où l’on commande et celui où la marchandise arrive, la consommation continue. Si l’on attendait que le stock soit vide pour commander, l’entreprise se trouverait en rupture pendant toute la durée du délai de livraison. Le stock d’alerte anticipe ce délai : lorsque le niveau du stock descend jusqu’à ce seuil, la commande part, et la livraison arrive théoriquement au moment où le stock atteint le stock de sécurité, ou zéro s’il n’y en a pas.
La formule de calcul
Stock d’alerte = consommation moyenne par jour × délai de livraison en jours + stock de sécurité
Le premier terme représente la consommation pendant le délai d’approvisionnement ; le stock de sécurité, lui, couvre les aléas, retard du fournisseur ou consommation supérieure à la moyenne. Sans stock de sécurité, le stock d’alerte se réduit à la consommation pendant le délai de livraison.
Exemple : un atelier consomme en moyenne 20 pièces par jour ; son fournisseur livre en 10 jours ; l’entreprise a fixé un stock de sécurité de 50 pièces. Le stock d’alerte est de 20 × 10 + 50 = 250 pièces. Dès que le stock passe sous 250 unités, une commande est lancée.
Stock d’alerte, stock de sécurité, stock maximum
- Le stock de sécurité est la réserve que l’on ne souhaite pas entamer en fonctionnement normal ; il n’est consommé qu’en cas d’imprévu.
- Le stock d’alerte est le seuil de déclenchement de la commande : il est toujours supérieur ou égal au stock de sécurité.
- Le stock maximum est le niveau à ne pas dépasser, dicté par la capacité de stockage, le coût de possession ou le risque d’obsolescence ; il correspond en général au stock de sécurité augmenté de la quantité commandée.
Quelle quantité commander ?
Le stock d’alerte répond à la question « quand commander ? ». La question « combien commander ? » relève de la quantité économique de commande, qui recherche le lot minimisant la somme du coût de passation des commandes et du coût de possession du stock (modèle de Wilson). Les deux notions se complètent dans la méthode dite du point de commande : la quantité est fixe, la date de commande varie en fonction de la consommation réelle. À l’inverse, la méthode du réapprovisionnement périodique commande à dates fixes une quantité variable.
Les précautions dans la pratique
- La consommation moyenne doit être actualisée régulièrement : une hausse d’activité ou une saisonnalité rend un stock d’alerte ancien insuffisant.
- Le délai de livraison à retenir est le délai total, de l’émission de la commande à la mise à disposition en rayon ou en atelier, contrôle de réception compris.
- Le stock de sécurité doit être proportionné à la variabilité de la demande et à la fiabilité du fournisseur ; trop élevé, il immobilise inutilement de la trésorerie, trop faible, il ne protège de rien.
- Les logiciels de gestion des stocks calculent automatiquement ces seuils et émettent des alertes, mais ils reposent sur des paramètres qu’il faut vérifier.
Pourquoi cet indicateur est-il essentiel ?
Une rupture de stock coûte cher : arrêt de production, ventes perdues, clients mécontents. Un stock excessif coûte aussi : locaux, assurance, casse, capital immobilisé. Le stock d’alerte est l’outil le plus simple pour tenir l’équilibre entre ces deux risques, article par article ; c’est pourquoi il figure dans tous les cours de gestion des approvisionnements et dans tous les systèmes de gestion des stocks.




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