Trésorerie zéro

La trésorerie zéro est un objectif de gestion de trésorerie qui consiste à viser chaque jour un solde bancaire aussi proche que possible de zéro. L’idée est simple : un solde positif qui dort sur un compte courant ne rapporte rien ou presque, tandis qu’un solde négatif coûte des agios. En ajustant au plus près ses placements et ses financements à court terme, l’entreprise réduit le recours aux crédits bancaires et le coût de ses découverts.
Le principe
La trésorerie d’une entreprise résulte de flux d’encaissements et de décaissements qui ne coïncident pas dans le temps. Le trésorier cherche à faire en sorte que :
- les excédents ponctuels soient placés, même pour quelques jours ;
- les besoins ponctuels soient couverts par le financement le moins coûteux disponible ;
- les comptes ouverts dans plusieurs banques ne présentent pas simultanément des soldes créditeurs inutiles et des soldes débiteurs coûteux.
Le « zéro » est un idéal : il signifie que l’entreprise n’emprunte pas plus qu’il ne faut et ne laisse pas d’argent inemployé.
Les outils
- Le plan de trésorerie, qui prévoit les encaissements et décaissements sur plusieurs mois, puis au jour le jour.
- Le raisonnement en dates de valeur : les banques ne créditent ou ne débitent pas toujours les opérations à la date où elles sont passées ; c’est la date de valeur qui détermine les intérêts.
- L’équilibrage entre banques, par des virements internes, pour éviter qu’un compte soit débiteur pendant qu’un autre est créditeur.
- L’arbitrage entre financements à court terme (facilité de caisse, découvert, escompte ou cession de créances) et placements (comptes à terme, titres de créances, OPCVM monétaires), selon leur coût et leur rendement.
Dans les groupes : la centralisation de trésorerie
Dans un groupe de sociétés, la trésorerie zéro prend souvent la forme d’une centralisation de trésorerie (cash pooling). Chaque soir, les soldes des comptes des filiales sont ramenés à zéro par virement vers ou depuis un compte central, d’où le nom anglais de zero balancing. Les excédents des unes financent ainsi les besoins des autres, et seul le solde global du groupe est placé ou financé auprès des banques. Ce mécanisme suppose une convention de trésorerie entre les sociétés et le respect de règles juridiques et fiscales, qui varient selon les pays et évoluent.
Intérêt et limites
L’intérêt est double : réduire les frais financiers et améliorer le rendement des excédents. Mais la méthode a des limites :
- elle dépend de la qualité des prévisions, et un imprévu peut provoquer un découvert coûteux ;
- multiplier les opérations entraîne des frais bancaires et du temps de gestion ;
- quand les taux de placement sont très faibles, le gain attendu peut être limité ;
- la plupart des entreprises gardent une marge de sécurité plutôt qu’un zéro strict.
La trésorerie zéro est donc moins une règle mécanique qu’une discipline : connaître sa position au jour le jour et ne laisser ni argent dormant ni découvert inutile.




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