Valeur d’usage

La valeur d’usage d’un bien est la valeur qu’il représente pour celui qui l’utilise, compte tenu des services qu’il rend, par opposition à ce qu’il rapporterait s’il était vendu. En comptabilité, la notion sert surtout à apprécier la valeur des immobilisations d’une entreprise qui poursuit son activité. En économie, elle s’oppose à la valeur d’échange depuis les premiers penseurs de la valeur.
La valeur d’usage en comptabilité
Dans les normes comptables, la valeur d’usage d’un actif correspond à la valeur des avantages économiques futurs que l’entreprise attend de son utilisation, puis de sa sortie. Elle est le plus souvent estimée à partir des flux de trésorerie futurs que l’actif doit générer, actualisés. C’est la logique retenue par le plan comptable général français comme par la norme internationale IAS 36 sur la dépréciation des actifs.
Elle se distingue de la valeur vénale, qui est le prix que l’on obtiendrait en cédant le bien sur le marché, diminué des coûts de sortie. Un équipement très spécialisé peut avoir une valeur vénale faible, faute d’acheteurs, tout en conservant une valeur d’usage élevée pour l’entreprise qui l’exploite.
Son rôle dans le test de dépréciation
À la clôture, l’entreprise compare la valeur nette comptable d’un actif à sa valeur actuelle, c’est-à-dire à la plus élevée de sa valeur vénale et de sa valeur d’usage. Si la valeur actuelle est inférieure à la valeur comptable, une dépréciation est constatée. La valeur d’usage joue donc un rôle protecteur : elle évite de déprécier un bien simplement parce qu’il serait difficile à revendre, dès lors qu’il continue de produire des avantages pour l’entreprise.
Lorsque les flux de trésorerie ne peuvent pas être rattachés à un actif isolé, le calcul se fait au niveau d’un groupe d’actifs, appelé unité génératrice de trésorerie.
L’approche par la valeur de remplacement
Dans l’évaluation d’entreprise, on rencontre aussi une approche plus ancienne de la valeur d’usage, fondée sur la continuité de l’exploitation. Chaque élément de l’actif est estimé à sa valeur de remplacement : on part du prix d’un bien neuf équivalent, ou d’un coût d’achat réévalué, puis on applique un abattement qui tient compte de l’âge, de l’usure et de l’obsolescence, au moyen d’un coefficient de vétusté. Cette méthode est surtout employée pour les biens corporels comme les bâtiments, les machines ou les véhicules.
Valeur d’usage et valeur d’échange en économie
La distinction remonte à Aristote, qui observait qu’une chaussure peut servir à être portée ou à être échangée. Adam Smith l’a reprise dans La Richesse des nations avec le célèbre paradoxe de l’eau et du diamant : l’eau, indispensable, ne s’échange presque contre rien, tandis que le diamant, de peu d’utilité pratique, s’échange contre beaucoup. Karl Marx a fait de ce couple de notions le point de départ de son analyse de la marchandise dans Le Capital.
Points d’attention
- La valeur d’usage repose sur des prévisions : elle dépend des hypothèses retenues sur les flux futurs et sur le taux d’actualisation.
- Elle est propre à l’entreprise qui utilise le bien ; elle ne dit rien du prix qu’un tiers serait prêt à payer.
- Les règles comptables évoluent : pour un cas concret, il faut se référer aux textes en vigueur ou à un expert-comptable.




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