Valeur d’utilité: valeur d'utilité

La valeur d’utilité est, en comptabilité et en évaluation d’entreprise, la valeur qu’un bien représente pour l’entreprise qui l’utilise, en fonction des services qu’il lui rend, et non de son seul prix sur le marché. Elle a longtemps été définie comme le coût maximum d’acquisition ou de reconstitution en l’état qu’un chef d’entreprise prudent et avisé serait disposé à décaisser pour obtenir le bien, compte tenu de l’utilité qu’il présente pour l’exploitation. Dans le plan comptable général actuel, cette notion a laissé place à celle de « valeur d’usage ».
Une notion ancienne de la comptabilité française
La valeur d’utilité était employée dans les anciennes règles comptables françaises pour déterminer la valeur d’inventaire des immobilisations, à la clôture de l’exercice ou lors d’une réévaluation. Elle répondait à une question simple : combien ce bien vaut-il pour moi, dans l’usage que j’en fais ? Une machine spécialisée peut avoir une faible valeur de revente tout en étant indispensable à la production ; sa valeur d’utilité est alors bien supérieure à son prix de marché.
La valeur d’usage et la valeur actuelle
Avec la réforme des règles sur les actifs entrée en vigueur au milieu des années 2000, la comptabilité française s’est rapprochée des normes internationales. Le plan comptable général raisonne désormais en valeur actuelle, définie comme la plus élevée de deux valeurs :
- la valeur vénale : le montant qui pourrait être obtenu en vendant l’actif dans des conditions normales de marché, diminué des coûts de sortie ;
- la valeur d’usage : la valeur des avantages économiques futurs attendus de l’utilisation de l’actif et de sa sortie, généralement estimée à partir des flux de trésorerie futurs qu’il doit générer.
La valeur d’usage est l’héritière directe de la valeur d’utilité : elle mesure elle aussi ce qu’un bien rapporte à l’entreprise qui l’exploite.
À quoi sert cette valeur ?
- Le test de dépréciation : lorsque la valeur actuelle d’une immobilisation devient inférieure à sa valeur nette comptable, l’entreprise constate une dépréciation.
- Les réévaluations : elles permettent d’ajuster la valeur des actifs inscrits au bilan.
- Les apports et fusions : les biens apportés à une société doivent être évalués, et leur utilité pour l’activité entre en ligne de compte.
- L’évaluation d’une entreprise : la valeur des actifs pour l’exploitation peut différer sensiblement de leur valeur de revente.
Utilité et valeur en économie
En économie, la distinction entre valeur d’usage et valeur d’échange est ancienne. Adam Smith l’illustrait par le paradoxe de l’eau et du diamant : l’eau, très utile, ne s’échange presque contre rien, tandis que le diamant, peu utile, se vend très cher. La valeur d’utilité comptable s’inscrit dans cette tradition : elle rappelle que le prix de marché ne dit pas tout de ce qu’un bien apporte à celui qui l’emploie.
Les définitions et méthodes d’évaluation relèvent des normes comptables en vigueur, qui évoluent : il convient de se référer au plan comptable général actuel ou de consulter un expert-comptable.



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