Bonification
La bonification désigne, de manière générale, un avantage accordé en plus ou en réduction d’un montant normalement dû. En comptabilité et en gestion, le terme recouvre surtout deux réalités : la bonification commerciale, qui est une réduction de prix consentie à un client, et la bonification d’intérêts, qui allège le coût d’un crédit. Les règles fiscales et comptables qui s’y rattachent évoluent : il convient de vérifier les textes en vigueur avant toute application.
La bonification en gestion commerciale
Dans le langage commercial, la bonification est une réduction accordée sur un prix affiché ou convenu. Elle se rattache à la famille des réductions commerciales, que l’on distingue habituellement ainsi :
- le rabais, accordé en raison d’un défaut de qualité ou de conformité de la marchandise livrée ;
- la remise, accordée en raison de l’importance de la commande ou de la qualité du client ;
- la ristourne, calculée après coup sur l’ensemble des affaires réalisées avec un client sur une période.
Une bonification peut prendre l’une de ces formes, mais aussi celle d’une quantité supplémentaire offerte, par exemple une unité gratuite pour un certain nombre achetées.
La bonification d’intérêts
En matière de crédit, la bonification d’intérêts consiste à réduire le taux payé par l’emprunteur grâce à l’intervention d’un tiers, qui prend à sa charge tout ou partie de l’écart avec le taux du marché. Ce tiers peut être l’État, une collectivité territoriale, un organisme public ou un employeur. On parle alors de prêt bonifié.
La bonification ne relève donc pas d’un simple geste commercial de la banque envers quelques bons clients : elle traduit une politique d’aide en faveur de certaines activités ou de certains publics. Historiquement, l’agriculture, la création d’entreprise, le logement ou l’export ont bénéficié de tels dispositifs, dont la liste et les conditions changent selon les époques et les politiques publiques.
Le traitement comptable
En comptabilité française, les réductions commerciales accordées sur la facture elle-même viennent directement en déduction du prix : on enregistre la vente ou l’achat pour son montant net. Celles qui sont accordées après la facturation, par une facture d’avoir, s’enregistrent dans des comptes spécifiques du plan comptable général :
- le compte 609 « Rabais, remises et ristournes obtenus sur achats » chez l’acheteur ;
- le compte 709 « Rabais, remises et ristournes accordés par l’entreprise » chez le vendeur.
Pour une bonification d’intérêts, l’emprunteur comptabilise en charges financières les intérêts effectivement payés, c’est-à-dire déjà réduits de la bonification lorsque celle-ci est versée directement à la banque. Le traitement peut différer quand l’aide est versée à l’emprunteur lui-même : un expert-comptable saura qualifier l’opération.
Autres sens du mot
Hors de la gestion, le mot bonification s’emploie dans plusieurs domaines. Pour la retraite, une bonification ajoute des trimestres ou majore une pension sous certaines conditions. Dans le sport, notamment en cyclisme sur route, une bonification est une réduction de temps accordée aux premiers d’une étape ou d’un sprint intermédiaire. En œnologie, on dit d’un vin qu’il se bonifie lorsqu’il s’améliore en vieillissant. Le point commun reste l’idée d’un avantage qui vient s’ajouter à la situation de départ.



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