Comptabilité matière
La comptabilité matière, souvent appelée comptabilité magasin, est le système d’enregistrement qui suit en quantités les entrées, les sorties et l’existant des articles stockés par une entreprise. Tenue par le service magasin à partir des bons d’entrée et des bons de sortie, elle permet de connaître à tout moment ce qui se trouve réellement dans les réserves, sans attendre l’inventaire de fin d’exercice. Malgré son nom, elle ne se limite pas aux matières premières : elle concerne tous les éléments de stock.
Ce que recouvre la comptabilité matière
Elle porte sur l’ensemble des biens destinés à être consommés, transformés ou revendus : matières premières, fournitures et consommables, emballages, produits en cours, produits finis et marchandises. Sa particularité est de raisonner d’abord en unités physiques (pièces, kilogrammes, mètres, litres) et non en valeur. C’est ce qui la distingue de la comptabilité générale, qui n’enregistre les stocks qu’en valeur, au bilan, lors de l’inventaire. Elle alimente en revanche directement la comptabilité analytique, qui a besoin de connaître les quantités consommées par atelier, par commande ou par produit pour calculer les coûts de revient.
Les documents de base
- Le bon d’entrée (ou bon de réception) : il constate l’arrivée d’articles en magasin, qu’il s’agisse d’une livraison de fournisseur, d’un retour d’atelier ou de la réintégration d’articles sortis puis non utilisés.
- Le bon de sortie : il constate une sortie ordinaire vers les services de fabrication ou vers un client, ou un retour au fournisseur.
- La fiche de stock, tenue par article : date, libellé du mouvement, quantité entrée, quantité sortie, quantité restante. Elle peut être valorisée, c’est-à-dire compléter chaque ligne par un prix unitaire et un montant.
- L’inventaire physique : le comptage réel des articles, qui confronte le stock théorique de la fiche au stock constaté.
Inventaire permanent ou inventaire intermittent
En inventaire permanent, chaque mouvement est enregistré au moment où il se produit, de sorte que le stock théorique est connu en continu. En inventaire intermittent, le stock n’est connu qu’au moment du comptage, généralement en fin de période. La comptabilité matière est par nature un inventaire permanent, mais elle n’exempte pas de l’inventaire physique : le Code de commerce impose aux commerçants de contrôler par inventaire, au moins une fois tous les douze mois, l’existence et la valeur des éléments du patrimoine. Les écarts entre stock théorique et stock réel (casse, pertes, vols, erreurs de saisie, articles non enregistrés) doivent être analysés et régularisés.
La valorisation des mouvements
Lorsque la fiche de stock est valorisée, les sorties sont évaluées selon une méthode fixée une fois pour toutes : coût moyen pondéré (recalculé après chaque entrée ou en fin de période) ou méthode du premier entré, premier sorti. Le choix a une incidence directe sur le coût des matières consommées, donc sur les coûts de revient et sur le résultat. Ces méthodes sont détaillées dans la fiche consacrée à la valorisation des stocks.
À quoi sert-elle concrètement ?
- Éviter les ruptures comme les surstocks, grâce à des seuils d’alerte qui déclenchent le réapprovisionnement.
- Fournir à la comptabilité analytique les quantités consommées par produit ou par centre de coûts.
- Détecter le « coulage » (pertes, gaspillages, vols) en comparant régulièrement le théorique et le réel.
- Justifier le montant des stocks inscrit au bilan et faciliter le travail de l’expert-comptable ou du commissaire aux comptes.
Dans les petites structures, une simple feuille de calcul suffit ; dans les entreprises industrielles ou de négoce, elle est intégrée au logiciel de gestion, qui met à jour les fiches de stock à chaque bon saisi ou scanné.



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