Sociogramme

Un sociogramme est une représentation graphique des relations qui existent réellement entre les membres d’un groupe : qui choisit qui, qui rejette qui, qui reste à l’écart. En gestion des ressources humaines, il permet de voir le fonctionnement informel d’une équipe ou d’une organisation, indépendamment des liens hiérarchiques décrits par l’organigramme officiel. Il fait apparaître les affinités, les groupes d’appartenance et les distances réelles entre les personnes.
Origine : la sociométrie de Moreno
Le sociogramme a été mis au point par le psychiatre et psychosociologue Jacob Levy Moreno, fondateur de la sociométrie et du psychodrame. Il en expose la méthode dans son ouvrage Who Shall Survive?, paru en 1934, traduit en français sous le titre Fondements de la sociométrie. L’idée centrale est que la vie d’un groupe repose sur un réseau d’attirances et de répulsions qu’il est possible de mesurer.
Comment on construit un sociogramme
La démarche classique passe par un questionnaire, appelé test sociométrique :
- on pose à chaque membre du groupe une question liée à une situation précise, par exemple « avec qui aimeriez-vous travailler sur ce projet ? » ; on peut aussi demander avec qui il ne souhaiterait pas travailler ;
- on recueille les choix et, le cas échéant, les rejets de chacun, en garantissant la confidentialité des réponses ;
- on représente chaque personne par un point ou un cercle, et chaque choix par une flèche orientée vers la personne choisie ;
- on analyse la figure obtenue, souvent complétée par un tableau à double entrée (la sociomatrice).
Ce que révèle le schéma
Plusieurs configurations typiques apparaissent :
- les choix réciproques, qui signalent des paires solides ;
- les « étoiles », personnes très souvent choisies, qui exercent une influence informelle parfois plus forte que celle du responsable officiel ;
- les isolés, que personne ne choisit, et les personnes rejetées ;
- les sous-groupes ou cliques, qui se choisissent entre eux et communiquent peu avec le reste du groupe ;
- les chaînes, où l’information circule d’une personne à l’autre.
Usages et limites
Le sociogramme est utilisé pour composer des équipes, comprendre des tensions, repérer des leaders informels ou des personnes en difficulté d’intégration, aussi bien en entreprise qu’à l’école. Il a inspiré l’analyse des réseaux sociaux, qui applique aujourd’hui des méthodes voisines à de grands ensembles de relations.
Ses limites sont réelles. Les réponses dépendent beaucoup de la question posée et du moment : le sociogramme est une photographie, pas un état durable. Interroger des salariés sur leurs préférences et leurs rejets est délicat ; cela suppose leur accord, l’anonymat dans la restitution et un usage strictement collectif, faute de quoi l’outil peut dégrader le climat qu’il prétend éclairer.




vous devez être connecter pour déposer un commentaire connecter