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Économie : L’indicateur de l’épargne nette ajustée

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Peut-on déterminer par un raisonnement économique com­ment se comporter si l’on dégrade spontanément le capital natu­rel ? Dans quelle mesure doit-on le préserver ?

Pour y répondre, un économiste doit faire des calculs du type : si j’investis aujourd’hui une somme de X dans le capital naturel pour le protéger, quelle sera l’augmentation Y de consommation des générations futures ? L’économie sait traiter cette question, qui n’est rien d’autre que le calcul, grâce à un taux d’actualisation, de la valeur actuelle nette d’un investissement. Cela ne pose aucun problème, ni théorique ni pratique, lorsque les marchés financiers déterminent des taux d’intérêts qui servent de repère au choix du taux d’actualisation.

Mais, au-delà de trente ans, les marchés ne fixent plus de taux d’intérêt significatifs. Le choix d’un taux d’actualisation, indis­pensable à tout calcul économique, devient nécessairement un choix normatif non économique fondé sur une norme d’équité intergénérationnelle de nature éthique. Si l’on voulait par exemple réserver aux générations à venir le sort qui est le nôtre, il faudrait essayer de deviner le taux de croissance économique et les préfé­rences des générations futures pour le capital naturel que l’on pré­serve. Faisons l’hypothèse héroïque que l’on connaisse tout cela, on peut alors calculer un taux d’actualisation sur la base d’une « situation égale à la nôtre », étant entendu que si l’on décidait de les traiter nettement moins bien, le taux serait plus élevé ; voire mieux, le taux serait plus faible. Dans tous les cas, une norme éthique d’équité intergénérationnelle est un préalable : comment traiter les générations futures ? Ce n’est que parce qu’il a été choisi qu’un calcul économique devient possible.

La commission Sen-Stiglitz-Fitoussi a résumé une vaste littéra­ture sur la critique du PIB, sur la mesure du bien-être, dont les idées forces étaient déjà connues du grand public. En revanche, sur le point de la mesure de la durabilité de la croissance, elle a porté sur les fonds baptismaux un indicateur de l’évolution du stock des quatre capitaux qui n’était connu que des spécialistes, à savoir : L’épargne nette ajustée qui mesure la variation dans le temps de leur valeur agrégée. Cet indicateur ne dit pas par lui-même ce qu’il faut faire. Pour cela, il faut une norme. Mais il permet de poser par exemple que, si l’on estime que les générations futures doivent pouvoir « consommer autant qu’aujourd’hui », une norme que beaucoup considèrent comme « équitable », alors il nous faut leur transférer un stock de capital égal en valeur à celui reçu par notre génération. Il faut donc que notre épargne nette ajustée soit positive ou nulle. Elle l’est probablement en France. Elle est gra­vement négative dans un grand nombre de pays aujourd’hui, car la dégradation du capital naturel y est plus rapide que l’accumu­lation des autres types de capitaux.

Cette analyse illustre à son tour la complexité des relations croissance/inégalités dans un cadre intergénérationnel et le carac­tère exogène des normes de choix des politiques économiques. À mon sens, et je suis radical, l’économie ne peut simplement pas être normative par elle-même. Sinon dans un sens purement ins­trumental : examiner l’adéquation de moyens variés à des fins définies par un processus politique.

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