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La rationalité des évaluations monétaires et des prix: - C'est Savoir.fr

La rationalité des évaluations monétaires et des prix:

> > La rationalité des évaluations monétaires et des prix: ; écrit le: 2 mars 2012 par admin

Les opérations enregistrées dans les comptes sont exprimées en unités monétaires et correspondent, à chaque fois que c’est possible, à des prix de marché. La théorie économique dominante (dite « néoclassique ») enseigne que, dans des conditions à vrai dire très particulières (concur­rence parfaite…), le rapport entre les prix de marché de deux biens est égal au rapport des « utilités marginales » de ces biens pour le consom­mateur et au rapport des « coûts marginaux » pour le producteur. Autre­ment dit, si une paire de bretelles vaut deux camemberts, c’est parce due l’utilité procurée à l’acheteur par la consommation d’une paire de bretelles supplémentaire est égale à celle qu’il retire de la consommation de deux camemberts supplémentaires, et que la production de ceux-ci coûte autant que la production de celles-là. Les relations hypothé­tiques qu’entretiennent ainsi les prix avec l’utilité justifient aux yeux de nombreux économistes l’opération qui consiste à additionner des prix, ce que les comptables nationaux ne cessent de faire dans leurs évaluations. Edmond Malinvaud, directeur de l’INSEE jusqu’en 1987, fait remarquer que « c’est une opération hardie et imparfaitement justi­fiée ». C’est un euphémisme : le système réel des prix a souvent des rapports lointains avec l’idéal néoclassique.

En fait, l’unité monétaire n’est pas un étalon de mesure construit, c’est un étalon imposé par la nature du système économique. Si les évalua­tions monétaires sont rationnelles, c’est parce qu’elles expriment la réalité des relations marchandes et/ou monétaires sur lesquelles repose le fonctionnement de l’économie nationale. Que ces évaluations aient peu de rapports avec les exigences scientifiques est d’une certaine façon secondaire ; il importe en revanche d’admettre qu’elles sont bien un miroir des évaluations que la société engendre. La CN (Comptabilité Nationale) est moins scien­tifique que réaliste : elle additionne ce que la société additionne. Elle ne mesure pas au sens rigoureux du terme, ce qui supposerait l’exis­tence d’un espace homogène du point de vue de l’étalon (par exemple, celui de la concurrence parfaite) ; la CN ne mesure pas, mais elle enre­gistre. Si l’enregistrement est monétaire, ce n’est pas seulement parce que « c’est commode » (comme le disent avec un bon sens évident, qui oublie l’essentiel, la plupart des manuels de CN), c’est plus fondamen­talement parce que la monnaie est le vecteur de la transmission et du comptage de l’appropriable, le lien qui réalise (et sanctionne éventuel­lement) l’interdépendance d’unités économiques formellement indé­pendantes ; parce que, par la monnaie et par les prix, se révèle une équivalence sociale non « scientifique » mais bien réelle entre les produits, entre les activités. Les prix ont certes peu à voir avec les fantasmes axiomatisés des néoclassiques, mais à travers eux peuvent se lire les taux effectifs de substitution entre les produits, les activités, les « facteurs de production » ; des taux qui résultent au moins autant de rapports de pouvoir historiquement produits que d’utilités ou de coûts marginaux. Dans cette perspective, le fait que la CN privilégie les évaluations monétaires et marchandes, réduise le non-marchand socia­lement organisé (administrations) à du monétaire, et exclue tout ce qui résiste à cette réduction ou est socialement dévalorisé (production domestique), exprime tout simplement une hiérarchie produite par la société elle-même. C’est notre système économique qui rend à la fois « commodes » les évaluations monétaires et « sympathiques mais pas réalistes » les autres. Chasser le quantitatif au profit du monétaire et le qualitatif au profit du quantitatif n’est pas un principe de la CN, mais bien le résultat normal d’une économie marchande et monétaire dans laquelle les activités et leurs produits doivent nécessairement passer par la forme monétaire pour être socialement validés. Cela étant — très sommairement — dit, l’approche monétaire pose des problèmes redou­tables même d’un point de vue purement technique, car les grandeurs enregistrées sont nécessairement nominales. Or, la CN et ses utilisateurs veulent aller plus loin : saisir le « réel » derrière le nominal.


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