UGT : unités génératrices de trésorerie
Une UGT (unité génératrice de trésorerie) est, selon la norme comptable internationale IAS 36, le plus petit groupe identifiable d’actifs qui génère des entrées de trésorerie largement indépendantes de celles générées par d’autres actifs ou groupes d’actifs. La notion sert avant tout à réaliser les tests de dépréciation, lorsqu’un actif ne produit pas de flux de trésorerie à lui seul.
Origine de la notion
Le terme s’est diffusé en France avec l’application des normes IFRS, obligatoire depuis 2005 pour les comptes consolidés des sociétés européennes cotées. L’idée qu’il recouvre est pourtant ancienne en gestion : les entreprises analysent depuis longtemps leurs investissements projet par projet, en comparant les flux futurs attendus au montant engagé. La norme formalise ce raisonnement pour vérifier que la valeur inscrite au bilan n’excède pas ce que les actifs rapporteront.
Comment identifier une UGT
Une machine, un bâtiment ou un logiciel génère rarement de la trésorerie isolément : c’est leur combinaison qui produit des ventes. On recherche donc le niveau le plus fin auquel des encaissements peuvent être suivis de façon autonome. Selon l’activité, une UGT peut correspondre à :
- une usine ou une ligne de production dont la production peut être vendue sur un marché actif ;
- un magasin, un hôtel ou un restaurant d’un réseau ;
- une filiale, une marque ou une zone géographique.
Le découpage doit être cohérent avec le système d’information de l’entreprise et avec la manière dont la direction pilote l’activité. Il doit aussi rester stable d’un exercice à l’autre : la norme impose d’identifier les UGT de façon permanente, sauf changement justifié, ce qui interdit de les redécouper au gré des résultats.
Le test de dépréciation
Lorsqu’un indice de perte de valeur apparaît (baisse d’activité, évolution défavorable du marché, obsolescence…), l’entreprise compare la valeur comptable de l’UGT à sa valeur recouvrable, qui est la plus élevée de deux grandeurs :
- la juste valeur diminuée des coûts de sortie, c’est-à-dire ce que l’on obtiendrait en la cédant ;
- la valeur d’utilité, égale à la valeur actualisée des flux de trésorerie futurs attendus de son utilisation.
Si la valeur comptable dépasse la valeur recouvrable, une dépréciation est constatée. Elle s’impute d’abord sur le goodwill affecté à l’UGT, puis sur les autres actifs de l’unité au prorata de leur valeur comptable. Les UGT auxquelles un goodwill a été affecté doivent être testées au moins une fois par an, même sans indice de perte de valeur, et la dépréciation d’un goodwill ne peut jamais être reprise.
Un choix lourd de conséquences
Le niveau de regroupement n’est pas neutre. Deux projets, l’un rentable, l’autre déficitaire, réunis dans une même UGT, peuvent se compenser : les profits de l’un masquent la perte de valeur de l’autre et aucune dépréciation n’apparaît. Séparés en deux unités distinctes, le second devra être déprécié. C’est pourquoi la définition des UGT engage la direction de l’entreprise et fait l’objet d’une attention particulière des commissaires aux comptes.
Les normes IFRS et leur interprétation évoluent : pour un cas concret, il convient de se reporter au texte en vigueur d’IAS 36 et à l’avis d’un professionnel de l’expertise comptable.




vous devez être connecter pour déposer un commentaire connecter